Tuesday, September 1, 2020
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Une autre Haïti est-elle possible avec sa jeunesse actuelle ?

L’Organisation des Nations-Unies définit la jeunesse comme la catégorie constituant la tranche d’âge comprise entre 15 à 24 ans. À…

By Televizyon Lakay , in ACTUALITÉS , at August 12, 2020 Tags: , ,

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L’Organisation des Nations-Unies définit la jeunesse comme la catégorie constituant la tranche d’âge comprise entre 15 à 24 ans. À l’heure actuelle, elle représente 18% de la population mondiale, soit 1,2 milliard de personnes. Cependant, pour les 34 pays composant le Commonwealth, la jeunesse est comprise entre 15 à 29 ans. Pour les pays africains, selon la Charte Africaine de la Jeunesse, la jeunesse va de 15 à 35 ans. Chez nous, en Haïti, la jeunesse va de 15 à 34 ans et représente actuellement 35% de la population haïtienne.

La jeunesse représente la force vive d’une nation. Une jeunesse inconsciente, dépourvue de moralité et de magnanimité est une honte pour sa génération et celle à venir. L’histoire d’Haïti est marquée, surtout par l’empreinte des jeunes qui ont tout tenté au péril de leur vie pour que nous soyons, aujourd’hui, libre en tant qu’être humain et indépendant en tant qu’État. L’histoire a retenu leurs noms pour leur dynamisme, leur courage, leur bravoure et leur nationalisme. Nous pouvons citer à titre d’exemple :

Jean Jacques Dessalines, père fondateur de la patrie n’avait que 33 ans au moment de la cérémonie du Bois-caïman ;

– Henri Christophe, surnommé Roi bâtisseur n’avait que 12 ans lorsqu’il a décidé de combattre à Savannah pour l’indépendance américaine et 28 ans au moment de la cérémonie du Bois-caïman ;

– Nicolas Geffard, l’un des acteurs de la Révolution haïtienne n’avait que 30 ans au moment du déclenchement de la révolte générale. Il est signataire de l’Acte de l’indépendance ;

– Augustin Clerveaux, jeune très actif dans le massacre des Français a fait ses premières armes à 19 ans aux côtés de Jean Jacques Dessalines. Il est aussi signataire de l’Acte de l’indépendance ;

– Louis Gabart, signataire de l’Acte de l’indépendance à 28 ans. Il est l’un des héros de la Bataille de Vertières le 18 novembre 1803 ;

– Yayou, Le plus jeune Sénateur de notre histoire (27 ans-1806), le plus jeune candidat à la présidence de l’histoire d’Haïti (28 ans-1807) et aussi le plus jeune signataire de l’Acte de l’indépendance (25 ans) ;

– Charles Belair, neveu de Toussaint Louverture fait sa rentrée dans la bataille pour l’indépendance à l’âge de 15 ans. Son dynamisme et sa fougue a fait de lui l’une des personnalités les plus remarquables de la Révolution haïtienne ;

– Marie Jeanne Lamartiniere, vaillante, courageuse et Brave. Elle s’est distinguée en partageant tous les périls des héroïques lors de la Bataille de la Crête-à-Pierrot ;

– Sanite Belair de son vrai nom Suzanne Belair, jeune femme extraordinaire a participé activement à la Révolution haïtienne. À sa mort, elle n’avait que 21 ans. Son portrait se trouve imprimé sur les billets de dix (10) gourdes ;

– Catherine Flon, l’une des héroïnes de la Révolution haïtienne a aussi contribué à la fondation de la société haïtienne ;

– Cécile Fatiman, Mambo considérée comme une héroïne symbolique de la Révolution haïtienne. Elle n’avait que 20 ans lorsqu’elle a présidé aux côtés de Dutty Boukman la célèbre cérémonie du Bois-caïman. Ce jour-là, vêtue de blanc, elle a égorgé un cochon noir dont le sang est bu par les participants ;

– Marie Sainte Dedee Bazile surnommée Defilee ou encore Defilee La Folle est l’une des personnalités importantes de la Révolution haïtienne. C’est elle qui avait transporté le macchabée du premier Empereur d’Haïti, Jean Jacques Dessalines vers un lieu de sépulture ; et j’en passe.

Ces jeunes homme et femme ont brillé par leur passage et mis fin à trois (3) siècles d’esclavage, de barbaries, de souffrances, de traitements inhumains, de larmes et de sangs.

Après 216 ans d’indépendance, Haïti, autrefois la Perle des Antilles est devenue le pays le plus pauvre de l’hémisphère américain. Tout pays qui se veut grand, les jeunes en sont les principaux acteurs du développement et du progrès socio-économique. Chez nous, en Haïti, la plupart se dirigent vers d’autres cieux à la recherche d’un mieux-être au lieu de faire de leur propre pays leur véritable eldorado.

La passiveté est l’une des caractéristiques de la plupart des jeunes haïtiens qui croupissent dans la misère la plus abjecte. Leurs droits fondamentaux sont systématiquement bafoués. Les jeunes qui sont conscients que la situation ne peut plus perdurer se comptent sur les doigts mais la majorité préfère s’adonner au sexe, à l’alcool, à la drogue, au rabòday, à la consommation des produits aphrodisiaques et à l’utilisation à mauvais escient des téléphones intelligents.

Les choses vont de mal en pis. Les symboles du pays sont banalisés. Les fêtes nationales ne valent plus rien. 18 mai, fête du drapeau national, fierté de tous le Haïtiens qui devrait être célébrée grandiosement est plutôt l’occasion pour les jeunes de pete chawa.

Les débats sérieux et intéressants n’existent quasiment plus dans la société. Les discussions oiseuses et à connotation sexuelle sont, journellement, au rendez-vous chez les jeunes. Si ou ta bare madanm ou oubyen mari’w k’ap twonpe’ w kisa’w t’ap fe ? A ki laj ou premye fè lanmou ? Pandan konbyen tan ou ka fè’l ? Etc. Tels sont les soi-disant sujets de débat qui sont couramment tournés en boucle sur les réseaux sociaux pendant que le pays est à deux doigts de disparaitre.

Haïti est dépourvue de tout avec sa jeunesse qui devrait servir de moteur pour un changement en profondeur. Pas d’hôpitaux décents, pas d’électricité, pas d’eau potable pour tous, pas d’écoles, pas de routes praticables, pas de sécurité, enfin pas de dirigeants responsables. Notre économie est anémiée. La dépréciation de notre monnaie nationale qu’est la gourde se fait au jour le jour et ceci a un rythme exponentiel. Désormais, cette population clochardisée a besoin plus de cents (100) gourdes pour un (1) dollar américain.

Jeune homme et jeune femme ! Sachez que la honte ne peut plus durer. Trop c’est trop. Le temps est venu de mettre fin à cette république bananière. Ressaisissez-vous, conscientisez-vous et agissez à l’instar des jeunes suscites qui ont contribué à nous léguer ces 27 750 km2. Ainsi, la génération subséquente vous en sera reconnaissante et l’histoire retiendra vos noms à perpétuité.

UNE AUTRE HAÏTI EST-ELLE POSSIBLE AVEC SA JEUNESSE ACTUELLE?

Marius MARECHAL

En savoir plus :

Un chèque de 300 mille gourdes pour le Lycée Alexandre Pétion.

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