Sunday, October 11, 2020
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Les forces et faiblesses du nouveau budget passées à la loupe

Les forces et faiblesses du nouveau budget passées à la loupe, par l’économiste Enomy Germain Le président de ProEco Haïti,…

By Jinaud Augustin , in ACTUALITÉS , at October 7, 2020 Tags: , , , ,

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Les forces et faiblesses du nouveau budget passées à la loupe, par l’économiste Enomy Germain

Les forces et faiblesses du nouveau budget passées à la loupe
Le président de ProEco Haïti, Enomy Germain, lors d’une conférence de presse, lundi 05 octobre, quelques 48 heures après la publication du budget national, a présenté les forces et les faiblesses des prévisions de recettes et de dépenses publiques pour l’année fiscale 2020-2021.

Pour cette année fiscale une enveloppe de 254,7 milliards de gourdes est prévue, soit une hausse de 28.2% (56 milliards) par rapport à 2019-2020 (198,7 milliards de Gourdes). La dette publique / le service de la dette : 49,2 milliards de gourdes, soit 19.3% du total des crédits. Le MTPTC: 44 milliards de gourdes, 17,3% du budget. Interventions publiques : près de 21 milliards de gourdes, 8.2% du budget. Le MJSP : 20,5 milliards de gourdes, 8.1% du budget. Subventions à l’énergie : 16 milliards (contre 25 milliards en 2019-2020), 6.3% du total des crédits budgétaires. Cependant aucune enveloppe n’est allouée à la subvention des produits pétroliers (contre 7,6 milliards en 2019-2020).

Pour les voies et moyens : dans le budget 2020-2021, des 132,6 milliards de gourdes de ressources domestiques, l’AGD fournira 55.42% contre 44.58% pour la DGI. Dans la lettre de cadrage, le Gouvernement s’attend à une pression fiscale de 6.5%, une inflation de 27.3% en glissement annuel et une croissance du PIB de 2.4% pour l’exercice.

Pour les points positifs, l’économiste a souligné que le Gouvernement, dans la lettre de cadrage, essaie de faire des projections à moyen terme (2020-2023) : c’est quand même une bonne chose, qu’il faut systématiser. L’économie ne se construit pas uniquement au présent. Certains taux de droits de douane ont été révisés à la hausse. Les droits sur les farines de céréales sont passés à 50%, contre 15% depuis 2017-2018 ; sur les pâtes alimentaires, les droits de douane sont passés de 40% à 50% ; les droits de douane sur les produits à base de céréales obtenus par soufflage ou grillage sont passés à 50% contre 35% en 2017-2018. L’augmentation de salaires des fonctionnaires : entre 8% et 55%.

Prévision de recette non réaliste

Enomy Germain a aussi soulevé des précautions. En matière de perception de ressources, l’historique est très importante. Or les ressources domestiques n’ont jamais atteint la barre de 100 milliards de Gourdes en Haïti. Comment parler de 132 milliards en 2020-2021 quand on sait que : 2020-2021 est menacé par des troubles socio-politiques, qui en général participent à faire baisser les recettes publiques –comme c’est le cas depuis 2017-2018. Les partenaires commerciaux d’Haïti sont pour la plupart menacés par une deuxième vague de Covid-19. Les importations comme les exportations peuvent diminuer comme en 2019-2020. Cela entrainera des baisses de recettes.

Prévision de croissance de 2.4% est très hypothétique

Toujours selon lui, Il n’y avait même pas encore de Covid-19 en Haïti, les prévisions de croissance de la banque mondiale étaient de -0.5% en 2021. Les prévisions du FMI, en janvier, tablaient sur une croissance de 1.5% en 2021. Les menaces quant aux troubles n’étaient pas aussi réelles. Comment atteindre ce niveau de croissance jamais atteint depuis 2014.

Un budget de la dette

Le service de la dette, a-t-il indiqué, a augmenté de plus de 145% en un an, passant de 20 milliards à 49 milliards de gourdes. L’autre aspect important considéré dans ce cas, est que ce n’est pas la dette externe (10,8 milliards). Estimée à 38,4 milliards de gourdes, c’est plutôt la dette interne qui pèse lourd sur le service de la dette. 78% du service de la dette concerne la dette interne, contre 22% pour la dette externe.

Un budget qui n’est pas pro-croissance
L’économiste avance par ailleurs que le budget en question n’est pas pro-croissance. Les crédits d’investissements sont estimés à 74,2 milliards de gourdes (29%) contre 180.5 milliards de gourdes (71%) pour le fonctionnement de la machine administrative de l’État.

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