Saturday, November 21, 2020
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« Guerre silencieuse » en Haïti : Le CAPAC dénonce le kidnapping et le viol comme arme de terreur

Tweet Communiqué de Presse Vendredi 6 novembre 2020 ((rezonodwes.com))– Le Centre d’Animation Paysanne et d’Action Communautaire -CAPAC dénonce et condamne…

By Rezo Nodwes , in ACTUALITÉS , at November 6, 2020 Tags: ,

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Communiqué de Presse

Vendredi 6 novembre 2020 ((rezonodwes.com))– Le Centre d’Animation Paysanne et d’Action Communautaire -CAPAC dénonce et condamne avec la plus grande rigueur des bandes criminelles qui  ont enlevé contre rançon un nombre incalculable de personnes dans l’Aire métropolitaine de Port-au-Prince, entre avril 2020  et novembre 2020.

Des groupes de gangs armés  ont battu, torturé et assassiné des otages, violant les femmes et les filles, qui représentent plus de la moitié d’entre eux, tout en recourant à des menaces pour extorquer de l’argent à leurs familles.

La plupart des ravisseurs suivent le même mode opératoire et semblent être en contact les uns avec les autres, ce qui laisse penser que les plus petits groupes font partie d’une structure plus vaste et coordonnée. Le dernier cas en date c’est l’enlèvement suivi de l’assassinat de la jeune écolière Evelyne Sincère. De telles atrocités sont inacceptables dans un pays.

Les autorités  et la Police Nationale d’Haïti devraient prendre des mesures pour démanteler ces bandes criminelles et arrêter les responsables de ces enlèvements et de ces violences sexuelles, perpétrés principalement dans l’Aire métropolitaine de Port-au-Prince et les grandes villes du pays.

Dans d’autres cas, les survivantes ont indiqué que leurs ravisseurs les insultaient régulièrement et menaçaient de les tuer, notamment en s’adressant à leurs familles au téléphone. La jeune femme de 34  ans a affirmé que les ravisseurs lui avaient montré, ainsi qu’à d’autres otages, les cadavres de deux hommes qu’ils affirmaient avoir tués à coups de bâton pour avoir tenté de s’enfuir. D’autres survivantes ont affirmé avoir été soumises à des simulacres d’exécution et à d’autres formes de torture.

Les victimes ont indiqué qu’elles avaient été détenues dans des maisons en construction, exposées à la pluie et au froid de la nuit, pendant environ une semaine et jusqu’à dix jours. Elles étaient à peine nourries ou recevaient de la nourriture de mauvaise qualité. La plupart n’ont été relâchées que lorsque des membres de leurs familles ont versé une rançon .Ces paiements ont souvent causé de graves difficultés financières à ces familles qui ont parfois été contraintes de vendre leurs biens, les laissant dépourvues de sources de revenu.

Le gouvernement Moise-Jouthe devrait agir en urgence pour mettre fin aux enlèvements et aux abus sexuels généralisés commis par ces bandes criminelles dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Et le Centre d’Animation Paysanne et d’Action Communautaire -CAPAC a fait ces  recommandations suivantes :

  • Le Centre d’Animation Paysanne et d’Action Communautaire -CAPAC demande instamment au gouvernement Moïse -Jouthe et  à la communauté internationale de mettre en œuvre les mesures essentielles pour faciliter l’accès des victimes de viols aux soins médicaux et à veiller à ce que la reconstruction d’un système de soins de santé en Haïti devienne une priorité ;
  • Il est également urgent de répondre aux autres besoins des victimes de viols. Le gouvernement d’Haïti  doit prendre ses responsabilités afin de prévenir, punir et éradiquer la violence sexuelle ;
  • Le  gouvernement doit également prendre des mesures pour préserver les victimes de toute exclusion sociale et économique et pour faciliter leurs démarches afin d’obtenir justice et réparation ;
  • Si  de nombreux auteurs de viols demeurent non identifiés, certains d’entre eux sont connus et beaucoup continuent de vivre dans les mêmes localités que leurs victimes, ce qui provoque  la peur, l’augmentation du stress chez les victimes ainsi que leurs familles et souvent elles sont obligées de laisser la zone, leurs activités pour ne pas faire face une nouvelle fois avec les bourreaux.Les autorités nationales doivent prendre des mesures afin de s’assurer que les auteurs présumés de ces actes soient traduits en justice et que les obstacles qui empêchent les femmes de déposer plainte devant la justice contre leurs agresseurs soient levés ;
  • Les organisations non gouvernementales locales qui s’occupent des victimes de violences sexuelles doivent être soutenues et protégées dans leur travail. De même, leur expérience et leur dévouement doivent servir de base à l’élaboration de stratégies nationales visant à résoudre la crise créée par les viols et la violence sexuelle.

Le Centre d’Animation Paysanne et d’Action Communautaire -CAPAC n’a connaissance d’aucune enquête judiciaire en cours sur les abus commis par ces gangs armées en Haïti et les survivantes reçoivent très peu d’aide. Les forces spécialisées de la Police Nationale d’Haïti devraient coopérer étroitement entre elles, pour mettre un terme à ces enlèvements et ces violences sexuelles.

Croix -des-Bouquets, le 6 Novembre 2020

Pour authentification :

Chantale VALCOURT
Coordonnatrice Générale |CAPAC
E-mail : capac_h@yahoo.fr

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