Tuesday, November 24, 2020
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Discours Présidentiel : le Courant ne Passe pas

Tweet Mardi 13 octobre 2020 ((rezonodwes.com))– Il est des temps où le verbe tourne à vide comme un moulin à…

By Rezo Nodwes , in ACTUALITÉS , at October 13, 2020 Tags: ,

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Mardi 13 octobre 2020 ((rezonodwes.com))–

Il est des temps où le verbe tourne à vide comme un moulin à vent. Il est des moments où le silence s’impose comme un impératif. Par décence. Pour sauver la face. Parce que l’échec est si éloquent, si spectaculaire qu’on n’a plus de bouche pour parler. Parce que le pays (comme un champ de petit mil sans gardien), on l’a livré aux vautours et aux malfinis.

Il est des moments comme ça où se retirer sur la pointe des pieds devient une exigence personnelle. Parce que le bruit bleu des bottes ne fait plus peur. Parce que l’odeur présidentielle du miasme, la puanteur du kaki et des gaz lacrymogènes n’arrêtent pas la roue de l’Histoire. Parce que parler devient un exercice vain qui ne « conte » plus.

On le croyait en deuil, en période de recueillement, mais à vue d’œil il entendait parler. Pour la galerie. Pour le plaisir de s’entendre babiller. Pour tuer le temps.
C’est donc un Jovenel somnambulique (miné par la maladie du pouvoir, cherchant minuit à quatorze heures) qui a pris la parole ce week-end. Mais les mots arrivaient mal à comprendre le bien-fondé des lamentations du satrape solitaire.

Il y a quelques semaines, dans la ville de Bombardopolis, JoMo avait déclaré la guerre à l’Opposition. « Je ne veux rencontrer personne sur mon chemin, excepté moi-même. » Non. Ça, c’était du Papa Doc. On pourrait facilement s’y tromper. « Je vais larguer l’armée d’Haïti dans leur derrière. » Oui. Ça, c’est du Jovenel qui persiste et signe dans la voie totalitaire.

Lorsque la sentence, la phrase funèbre fut lâchée, Martine, la Première dame fut prise de saisissement. Elle sut tout de suite que JoMo était en signature en tant qu’auteur intellectuel des malheurs en gestation. Sur la place publique, JoMo signait des certificats de décès.

JoMo voudrait tourner la page, mais le sang coule encore. Il est là qui attend et demande justice. Jovenel, on le sait, ne boit pas de Prestige. Il est allergique à ce mot. Lorsqu’il a soif, il boit le sang de ceux qui se tiennent sur sa route.

Tandis que le pays se meurt, la politicaillerie se porte bien. Après des années de perdition, 4 partis politiques ont vu le jour en 3 jours. Comme si la « République Exterminatrice » de JoMo ne suffisait pas, on en ajoute encore un peu à la République Caricaturale. Il s’agit bien sûr d’aimer Haïti et de bien la baiser dans une chambre d’hôtel avec photo à l’appui, sous les applaudissements soutenus des souteneurs et des entremetteurs.

Fidèle à son nom qui sonne comme un manifeste, le Premier ministre a promis des « joutes » électorales. Le Conseil Electoral Présidentiel a été inauguré. Le hasard qui fait si bien les choses a voulu que ce soit en la date symbolique du 22 septembre. Comme des dyon-dyons après la pluie du 22, les partis pullulent autour des cabinets d’aisance. Lorsqu’il s’agit de manger ventre déboutonné, on ne peut pas être trop regardant. Le riz au dyon-dyon est le propre de l’homme. Rira bien qui rira le premier.

Le clou du spectacle, c’est certainement le sénateur Delva (enfant chéri de Zacharie), éternel recallé du Kindergarden à cause de ces épineuses affaires de chiffres, de syllabaire et de lecture courante. Il est aujourd’hui président du Parti Aya. A ses meetings politiques, il ne parle pas ; il chante : « Frère Jacques, dormez-vous, sonnez la Martine. Dermalog. Ding, dang, dong. »

Aya candidat à la candidature suprême ? Chapeau bas. Jusqu’à terre, Excellence. Bel exemple de réussite malgré les critiques anachroniques des aigris et des « gâteurs de manger. » On a beau dire qu’on ne crée pas avec le néant : avec de l’eau, Aya a fait son beurre et même de la mantèque.

Que dire alors de Willot Joseph ? Escamoteur de voitures Volvo, élu député derrière les barreaux, libéré de sa cellule pour servir la République. J’avoue volontiers que je n’aurais jamais cru une histoire aussi marrante si je l’avais lue dans un roman ou dans Car Magazine. Vert de jalousie, j’aurais accusé l’auteur de véhiculer des fabrications. Néanmoins, dans le quotidien de la Cité de l’Exposition, la réalité a plus d’imagination que la lodyans.

Willot Joseph aspire à faire mieux dans le mal. Il vient de créer un parti tout neuf qui offre des avantages « barbe et moustache. » Il va donner une « tête bœuf » à chaque Haïtien. Il volera la voiture de Jean pour donner à Jacques. Joli programme politique. Willot en arrive même à se présenter comme un homme de « goche ». Il militait dans une cellule. Comprenne qui voudra.

Le meilleur parti est certainement celui que j’ai créé ce matin : le Parti Pam Pi Bon. Ça m’est venu à l’esprit pendant que je déposais mon bulletin. J’ai déjà le vent en poupe.
C’est un parti moderne et sérieux ; un parti droit et gauche qui penche vers l’extrême-centre.

Y’a de la place pour tout le monde : Gwo Bouki, Ti Malis et même La Vache Qui Rit.
Leader et membre inique de mon propre parti, je ne vous promets pas la lune.
Juste un coin de ciel bleu pour admirer les étoiles.

Castro Desroches 

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