Sunday, October 11, 2020
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Covid-19 – Haïti: la prise en charge pilotée par le MSPP à l’agonie

Avec des retards exagérés pour avoir le résultat des tests, des hôpitaux publics livrés à eux-mêmes, des hôpitaux privés en…

By juno7 , in ACTUALITÉS , at May 27, 2020 Tags: , ,

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Avec des retards exagérés pour avoir le résultat des tests, des hôpitaux publics livrés à eux-mêmes, des hôpitaux privés en manque de matériels, une absence de leadership au niveau du ministère de la santé publique, le tableau clinique du pays est trop sombre.

Alors que les cas de contamination et de décès sont en constante augmentation (1 063 cas positifs et 31 décès dus à la pandémie ce 26 mai), la prise en charge des cas suspects ou avérés de la Covid-19 semble battre de l’aile. Selon les informations dont nous disposons, il y a une rareté de matériels (UTM) pour effectuer le test PCR (polymerase chain reaction) après les prélèvements.

Certaines personnes qui ont donné des spécimens au MSPP pour analyser au laboratoire national attendent au delà des trois jours et n’ont pas par conséquent de résultats. Parfois l’attente peut aller au delà de huit jours et même 10 jours. Alors que les autorités sanitaires affirment que le pays dispose de matériels indispensables pour faire le dépistage.

Cela fait une semaine depuis que les déclarations du Dr Lauré Adrien, directeur général du ministère de la santé publique, relatives à une épidémie de fièvre ont provoqué une onde de choque au sein de la population. Il a laissé croire que le pays ne connait pas d’autres épidémie de fièvre que la pandémie du Coronavirus (Covid-19). Ce qui sous-entend une augmentation vertigineuse des cas de contamination tenant compte du nombre important de personnes qui vivent dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, plus de 4 millions d’âmes. C’est comme si les 1 063 cas confirmés pour l’instant étaient la pointe de l’iceberg et les gens qui pensent souffrir d’une épidémie de fièvre sont des cas de contamination de la Covid-19 non encore testés.

Malheureusement les paroles du Dr Adrien – coiffé aux côtés de l’éminent Dr William Pape d’une grande responsabilité dans la réponse du pays à la pandémie – ressemblent davantage à une hypothèse qu’une vérité scientifique. Car si tel était le cas, si les nombreuses personnes souffrant de fièvre étaient des cas suspects de la covid-19, si on les avait testées en ce moment le pays compterait des milliers de cas. Et, on s’approcherait comme les épidémiologistes l’avaient prédit du pic de la pandémie avec environ 20 000 cas de contamination et 2 000 morts.

Mais dans le meilleur des cas, rassurez-vous, cela n’arrive pas. Le problème a été contourné. À notre manière. Pas la meilleure bien-sûr. Pour l’essentiel, les autorités par négligence ou incompétence n’ont pas anticipé une propagation rapide de la maladie au sein de la population active et n’ont pas maximisé les moyens pour une prise en charge adéquate. Après de nombreuses tentatives, un appel passé au 2020 n’aura peut-être une suite si on a des difficultés respiratoires. Alors on peut se demander pourquoi après avoir effectué seulement 3 328 test sur des personnes suspectes le MSPP est déjà en manque de moyens pour tester d’autres cas?

Pendant que nous nous approchons de l’iceberg, sa partie immergée – les nombreux cas de gens souffrant de fièvre, maux de tête, grippe, courbatures, perte de goût et d’odeur – Les hôpitaux publics sont livrés à eux même. En voici un tableau :

1- L’hopital maternite isaie Jeanty et Leon Audin (Chancerelles) il n’y a pas de masques, pas de blouses. Une gestante suspecte a passé 3 jours en attente du test covid malheureusement elle etait obligée de partir sans faire le test en depit des appels qui ont été addressés au Centre ambulancier national (CAN) qui sont resté jusqu’à date sans suivi.

2- L’hôpital universitaire la Paix est dysfonctionnel. Les medecins fuient le centre hospitalier faute de matériels. Malgré un cas positif (un jeune medecin gynecologue obstetricien) à la maternite de l’OFATMA. Rien n’est fait pour proteger le personnel qui est contraint de venir travailler. Le jeune medecin est hospitalisé.

3- L’hôpital de l’université d’État d’Haiti au moins 3 medecins residents sont testés positifs, d’autres ayant des signes et des symptômes de la Covid-19 sont en attente de resultat de leur test. Le personnel vide l’hôpital faute de matériels.

4- L’hôpital communautaire de référence Arcachon 32, communément appelé ” Food for the poor” est obligé de fermer les portes de la maternité et de la salle d’opération à cause des cas suspects, pas de matériels de protection, le personnel fuit l’hôpital.

Cette situation n’est pas différente des autres établissements sanitaires privés. Mis à part l’hôpital universitaire de Mirebalais ou L’hôpital de la fondation St Luc, les hôpitaux privés ne peuvent même pas, pour la plupart, faire le tri des patients suspectés de la covid-19 avant de les remettre au MSPP. Même les hôpitaux qui sont déjà impliqués dans la prise en charge, n’avaient pas encore reçu des matériels médicaux et équipements. Ila travaillaient avec leur propres moyens. Où en sont les travaux de construction des hôpitaux de campagne. Est ce que ces hôpitaux seront construits. Où seront-ils logés? Combien seront-ils?

Pour sa part, par peur des conséquences néfastes de la maladie ou manque de confiance dans les autorités, la population affiche un déni complet. Parfois les gens ne veulent juste pas entendre parler de la Covid-19 ou refusent qu’on assimile leur malaise aux symptômes de la Covid-19. On ne veut pas admettre que la fièvre, la grippe, les courbatures, la perte de goût et d’odeur ressentis sont des symptômes de la Covid-19 tout comme les autorités sanitaires ne peuvent pas tester tous ceux qui présentent ces symptômes. Mais qui entendra le cri d’alarme des plus faibles au moment où ils n’auront plus de force de souffrir patiemment à la maison ?

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