Monday, November 23, 2020
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Bélarus: l’opposition annonce le début d’une grève, malgré les pressions

Tweet Lundi 26 octobre 2020 ((rezonodwes.com))– La cheffe de l’opposition bélarusse Svetlana Tikhanovskaïa a annoncé lundi le début d’un mouvement…

By Rezo Nodwes , in ACTUALITÉS , at October 26, 2020 Tags: ,

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Lundi 26 octobre 2020 ((rezonodwes.com))– La cheffe de l’opposition bélarusse Svetlana Tikhanovskaïa a annoncé lundi le début d’un mouvement de grève pour pousser au départ le président Alexandre Loukachenko, au lendemain d’une nouvelle grande manifestation contre le pouvoir à Minsk.

« Dès ce matin, des employés d’entreprises et d’usines publiques, du secteur des transports, des mineurs, des professeurs et des étudiants ont commencé à faire grève », a-t-elle affirmé sur la messagerie Telegram.

Elle a enjoint ses compatriotes à montrer « que personne ne travaillera pour le régime » d’Alexandre Loukachenko. « La grève dans les entreprises publiques est un levier de pression économique. Et celle dans le secteur privé est un signe de solidarité de chacun, c’est tout aussi important. »

Figure de proue de l’opposition, exilée en Lituanie, Svetlana Tikhanovskaïa, 38 ans, a lancé ce mois-ci un ultimatum à M. Loukachenko, lui donnant jusqu’à ce dimanche pour se retirer, faute de quoi elle appellerait à une grève générale.

Alors que l’Etat bélarusse contrôle toujours une grande part de l’économie, de précédentes grèves dans des usines emblématiques n’avaient toutefois pas duré, face aux intimidations des autorités et aux menaces de licenciements.

Lundi matin, des dizaines d’étudiants se sont rassemblés devant des universités, formant des sit-in, des chaînes humaines ou défilant dans la rue.

Des vidéos partagées par des médias d’opposition ont également montré des rassemblements dispersés par la police. Selon l’ONG Viasna, plus de 100 personnes avaient été arrêtées à la mi-journée, surtout à Minsk.

– Pressions sur les grévistes –

Le média indépendant Tut.by a lui publié des images de plusieurs dizaines d’ouvriers effectuant des débrayages ou des actions de solidarité dans au moins quatre grandes usines publiques, notamment dans l’usine chimique Grodnoazot, dans l’ouest du Bélarus.

« C’est difficile de savoir jusqu’où les gens iront à cause de la grande pression des autorités », a indiqué à l’AFP Alexandre Iarochouk, chef de la Confédération bélarusse des syndicats démocratiques, précisant ne pas avoir appelé à faire grève.

Une porte-parole du gouvernement a pour sa part indiqué sur Facebook que les entreprises du pays fonctionnaient normalement.

A Minsk, un défilé de retraités contre le pouvoir a été annoncé à partir de 14H00 (11H00 GMT). Les étudiants ont été appelés à s’y joindre.

« Une partie de nos employés ont rejoint la grève », soutient Natalia Bezroukova, 54 ans, gréviste d’une firme publique de construction interrogée par l’AFP dans le centre de Minsk.

A côté d’elle, participant à une chaîne humaine d’une quinzaine de personnes, Elena Velitchko, 43 ans, entrepreneuse, a également décidé de ne pas travailler. « Je suis prête à beaucoup de choses pour qu’on nous rende notre droit de vote. »

L’opposition bélarusse exige le départ de M. Loukachenko, 66 ans, au pouvoir depuis 1994, après l’élection présidentielle jugée frauduleuse du 9 août. Le mouvement de contestation subit depuis une pression constante des autorités.

Dimanche, une nouvelle manifestation a réuni plus de 100.000 personnes dans la capitale. Des grenades assourdissantes ont été utilisées par les forces de l’ordre pour disperser la foule.

Au total, 523 personnes ont été arrêtées ce jour-là en marge de protestations à travers le pays, selon le ministère de l’Intérieur.

Après avoir procédé à une brutale répression dans les jours ayant suivi l’élection, les autorités ont prévenu ce mois-ci qu’elles tireraient à balles réelles « si nécessaire ». Cela n’a pas empêché de nouveaux rassemblements.

Le président Loukachenko n’a quant à lui montré aucune intention de plier face à ses détracteurs.

S’il jouit du soutien de Moscou, il est sous le coup d’une menace de sanctions de l’Union européenne, qui a rejeté les résultats de la présidentielle et a déjà sanctionné 40 responsables du régime.

tk-rco/apo/ode

© Agence France-Presse

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