Tuesday, October 13, 2020
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AFFAIRE BARBANCOURT Entre les faits, la vérité et la justice: Interview Exclusive accordée à Juno7

Des bras de fer judiciaires sont engagés entre les associés de la Société du rhum Barbancourt. Jean Marc Gardère, Michel…


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Des bras de fer judiciaires sont engagés entre les associés de la Société du rhum Barbancourt. Jean Marc Gardère, Michel Gardère et Françoise Gardère ont solidairement 62,75% du capital social. Ils forment un bloc solide. Nathalie Delphine Gardère vient d’acquérir par décision arbitrale les parts sociales de sa mère Muriel Lamour Gardère. Elle a désormais 37,25% du capital social. Delphine et Muriel Gardère sont poursuivies pour corruption et blanchiment de capitaux.

Entre les faits, la vérité et la justice

Me Aviol FLEURANT, Avocat des associés majoritaires, Jean Marc GARDERE, Michel GARDERE et Françoise GARDERE, a accordé une interview exclusive à Juno7.

Me Aviol FLEURANT, après avoir passé deux ans et demi à la tête du Ministère de la Planification, sous deux Gouvernements, vous voilà en mode « WELCOME BACK » dans l’avocature et surtout au cœur du bras de fer entre les associés de la Société du Rhum Barbancourt. Qui gère cette Société ?

Servir l’État au plus haut niveau et le peuple haïtien a été pour moi un plus grand honneur. Revenir dans l’avocature au cœur de l’affaire Barbancourt est comme pour moi une « mission (sourire)» pour trouver une solution avec l’autre partie au différend qui les oppose afin de sauver ce patrimoine national qu’est le Rhum Barbancourt. Qui gère cette Société ? Me demandez-vous.

Dans le cadre de la gestion d’une société en commandite, l’assemblée choisit un commandité qui a mandat pour gérer la société. Barbancourt est dirigé par Jean Marc Gardère et Michel Gardère. Les actionnaires réunissant près de 63% les ont choisis. Delphine Gardère conteste et se sert d’une sentence arbitrale qu’elle a gagné contre sa mère, et non pas contre Barbancourt, pour entrer dans l’usine et poser des actes d’administration sans mandat de l’assemblée générale. Elle a fait chasser les agents de sécurité de la société et a placé les siens. Elle a accédé à l’administration, a changé les serrures, a emporté les serveurs informatiques contenant des données comptables et financières. Toujours selon l’autre partie, Delphine Gardère s’est saisie des clés des coffre-fort et a accédé aux fonds. Ce faisant, elle a violé une ordonnance datée du 16 mars 2020 du cabinet d’instruction qui a gelé ses parts sociales et dividendes. Le juge d’instruction, Me Mathieu chanlatte, a émis contre Delphine Gardère un mandat d’amener par ce qu’elle a enfreint son ordonnance et pour avoir cherché à altérer des preuves criminelles. Aujourd’hui, le commissaire du Gouvernement de la Croix des bouquets, Me Maxime Augustin, met le Ministère de la Justice ainsi que la Justice en mauvaise situation en permettant à quelqu’un qui est poursuivie par le cabinet d’instruction d’entrer dans une Institution privée sans mandat de l’assemblée. Le Commissaire qui, le 29 mai 2020, a annulé un exequatur donné par erreur, dit-il, à Delphine Gardère; Lui qui a remis Jean Marc Gardère en possession le même jour et qui a replacé les agents de JVC sécurité placés par Jean Marc Gardère sur les lieux; Le commissaire, le 4 juin 2020, les a chassés et a permis à Delphine Gardère, recherchée par la police, de prendre d’assaut l’usine. Du jamais vu !

Pourquoi les poursuites pénales contre Delphine et Muriel Gardère ?

Une plainte est déposée par les actionnaires majoritaires contre Nathalie Delphine Gardère et contre sa mère, Muriel Lamour Gardère pour corruption, pratiques commerciales interdites, blanchiment de capitaux, association de malfaiteurs, etc.

La justice dispose de plusieurs contrats signés, d’abord entre Delphine Gardère et une société dénommée Crillon Importers LTD et un autre contrat entre celle-ci et une société secondaire, dirigée respectivement par feu Thierry Gardère et Muriel Gardère, à l’insu des autres actionnaires. Cette opération aurait permis d’abord à feu Thierry Gardère, chef de la famille, ensuite, à Muriel Gardère, de gagner des rétro commissions allant de 2 millions à 7 millions de dollars de 2011 à 2018. Nathalie Delphine Gardère a été inculpée par le fait que si en 2016, elle avait dénoncé l’existence de ce marché occulte entre Crillon et son feu Thierry Gardère « en maquillant les comptes de Barbancourt pour se payer des dividendes », le 1er juin 2017, cette même Nathalie Delphine Gardère a fait rentrer en Haïti le patron de Crillon. Elle a renouvelé le contrat de Barbancourt avec la société Crillon tandis que celle-ci a signé l’autre contrat, le même jour, au même lieu, avec sa mère Muriel GARDERE, à l’insu des actionnaires. L’infraction semble être caractérisée pour Muriel GARDERE. Le Juge enquête sur les présomptions graves et concordantes à propos de Delphine GARDERE. Elles auraient répété le même jour du 1er juin 2017 les mêmes infractions qu’a commises feu Thierry GARDERE, selon le réquisitoire d’informer du Parquet. La justice dispose de documents et de pièces justifiant l’ensemble de ces faits et transactions.

Que faire pour sauver Barbancourt ?

Barbancourt est un patrimoine qu’il faut à tout prix sauver. Il a une grande rentabilité, ce, malgré l’instabilité politique chronique en Haïti et la pandémie Covid-19. Il est dans une situation de blocage total. Des pourparlers entre les parties pour trouver une solution sont déjà engagés. C’est ce que la société espère. Néanmoins, indépendamment de l’accord qui sera retrouvé, on a un devoir de vérité, de justice et de réparation pour les victimes de fraude et de détournement de fonds. Néanmoins, pour sauver Barbancourt, trois options se présentent. D’abord, est nécessaire et même urgent un accord définitif entre les associés majoritaires (Jean Marc Gardère, Michel Gardère, Françoise Gardère) qui ont 62,75% du capital social et Nathalie Delphine Gardère, associée minoritaire qui a 37,25% du capital social. Ensuite, en attendant cet accord définitif dont l’objet est qui achète Barbancourt à 100%, une gestion transitoire réunissant les deux parties est nécessaire. Enfin, il faut une médiation pénale pour en finir avec la plainte pénale dans l’équité et la justice. Nous avons tous l’obligation morale et historique de de sauver un patrimoine national en péril.

 

Aviol FLEURANT, 

Avocat de la Société du Rhum Barbancourt

Représentée par Jean Marc Gardère et Michel Gardère

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